Incendie de Notre-Dame de Paris : cause accidentelle ou criminelle ?

La thèse accidentelle est pour le moment privilégiée par la justice. Il doit donc y avoir des arguments en ce sens.

Mais il y a également des arguments pour la thèse criminelle :

1. Aucune installation électrique sous la charpente, la détection et la protection incendie étaient plus qu’aux normes et la surveillance anti-feu très rigoureuse :

« Juste avant mon départ à la retraite, dans les années 2010, on a remis à plat toute l’installation électrique de Notre-Dame. Donc il n’y a pas de possibilité de court-circuit. On a remis à plat, et aux normes contemporaines, même en allant très loin, toute la détection et protection incendie de la cathédrale (…) Vous avez en bas de la cathédrale, deux hommes en permanence, qui sont là jour et nuit, pour aller voir dès qu’il y a une alerte et pour appeler les pompiers dès que le doute est levé (…) ».
« Ça a été un travail colossal… On a un encadrement technique, normatif, de contrôle, etc., etc., qui est considérable et qu’on ne voit nulle part ailleurs. Donc là, je suis quand même assez stupéfait ».

Source : Benjamin Mouton,ex-architecte en chef de la Cathédrale de 2000 à 2013, interview sur LCI, mardi 16 avril 2019, [3min40 – 4min46]
https://www.youtube.com/watch?v=q64pMLHXm2A
Et https://www.batiactu.com/edito/notre-dame-apres-incendie-rien-n-est-fini-selon-ex-56147.php


2. Echafaudage :

a. Il n’y avait pas de points chauds sur l’échafaudage ni aucun travail de soudure.

« Ils ont confirmé qu’il n’y avait pas de point chaud sur l’échafaudage » et n’avoir effectué « aucun travail de soudure », a-t-il poursuivi.
« Quand on quitte un chantier on doit couper toute l’électricité, le disjoncteur du chantier, fermer la porte à clef et remettre les clefs à la sacristie de la cathédrale, ce qui a été fait et dûment noté dans les cahiers », a assuré ce porte-parole.
« Le dernier a quitté les lieux à 17H50 (soit une heure avant le déclenchement de l’incendie, NDLR) et le premier à 17H20 », descendant « par les deux ascenseurs qui desservaient l’échafaudage », a-t-il détaillé.

L’échafaudage, a-t-il précisé, était en cours de construction, devant « être livré à la mi-juillet » et « aucun travail sur la charpente n’avait encore commencé ».

Source : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/notre-dame-l-entreprise-chargee-de-l-echafaudage-exclut-toute-responsabilite-20190417

b. Départ de feu depuis l’intérieur de l’édifice et non de l’échafaudage & moteurs électriques et mégots hors de cause :

« Il [est] « hors de question » que cette négligence soit à l’origine de l’incendie, faisant valoir que « si n’importe qui a déjà essayé d’allumer un feu de cheminée, ce n’est pas en mettant un mégot sur une bûche en chêne qu’il va se passer grand-chose » ».
Evoquant par ailleurs la piste d’un feu provoqué par les moteurs électriques des ascenseurs de l’échafaudage, Marc Eskenazi a souligné que ces moteurs « ne posaient aucun problème » d’autant plus qu’ils « sont loin de la flèche » or « ce qui est établi c’est que l’incendie a démarré à l’intérieur de l’édifice ».

Source : BFMTV, https://www.bfmtv.com/societe/notre-dame-des-ouvriers-fumaient-sur-l-echafaudage-1679289.html


3. Phénomène très étrange : le feu a progressé plus vite contre le vent que sous le vent !

La partie « est » de la charpente (contre le vent) s’est consumée plus rapidement que la partie « ouest » (sous le vent) ! C’est parfaitement l’inverse qui aurait dû se produire.
On pourrait dire que le feu a progressé sous la charpente plus vite vers l’est et qu’ensuite il a été exposé au vent. Cependant, il faudra encore expliquer cette différence de vitesse compte-tenu des mêmes bois de chêne de part et d’autre de la flèche qui, elle, était en « chêne de Champagne » quoiqu’en disent encore certains ; c’est en effet ce qu’affirme Viollet-Le-Duc en 1860, p. 37 de « la Gazette des beaux-arts ».
Cette progression anormale peut aussi être le signe d’une trace criminelle (des « accélérateurs » de combustion pouvaient être plus importants de ce côté que de l’autre ou démarrés plus précocement).

Reynard Godmer, témoin :

« C’était, au début, que la tour. Ca s’est ensuite propagé d’abord vers l’arrière, vers le chevet [partie EST], et après la nef, devant, a été atteinte [partie OUEST] » [23min41].

Source : Envoyé Spécial – Les orphelins de Notre-Dame – 18 avril 2019 (France 2), [22min30 – 24min30],
https://www.youtube.com/watch?v=JqCECLPeBMY


4. Quelques années auparavant, un pompier explique l’impossibilité qu’une telle charpente prenne feu aussi rapidement

Lors d’un reportage dans l’église Saint-Louis des Invalides à Paris du 10/11/2010, sur une autre charpente, donc, et plus récente (300 ans d’âge), quoique semblable (même bois de chêne et grosseur des poutres), nous avons l’extraordinaire dialogue suivant entre le pompier et le journaliste :

-Cette charpente […] est vieille de 300 ans, donc avec du bois très très sec.
-Mais ça doit brûler, en fait, rapidement, non ?
-C’est à dire que ça ferait un gros foyer, ça ferait un feu de grande ampleur mais, par contre, ça résistera quand même.
-C’est-à-dire ?
-Disons que pour une grosse poutre pour qu’elle se coupe en deux ou soit atteinte au coeur, il va falloir 3 – 4 heures, au moins, dans un foyer très, très intense. Donc là, je pense qu’on a éteint le feu bien avant.
-Ca résisterait mieux que du métal ?
-Ah oui ! Le métal, ça résiste très, très peu de temps. A 400 degrés, ça commence à s’effondrer le métal. Tandis que ça, on peut le porter à des températures très très élevées, ça restera intact.

Source : Des Racines et des Ailes, diffus » sur France 3 le 10 novembre 2010, [19min10 à 20min7].
https://www.youtube.com/watch?reload=9&v=UrLW-HuHML4&feature=youtu.be


5. Nécessité d’une très forte charge calorifique au départ.

Le bois de chêne se durcit au fur et à mesure du temps ; un bois de plus de 800 ans devient extrêmement dur et donc très difficile à brûler. Pour le brûler, il faut alors une très forte charge calorifique au départ. Trois témoignages abondent dans ce sens :

a. Julien Le Bras, responsable de l’échafaudage autour de la flèche :

« Il faut une vraie source de chaleur pour enflammer ce type de structure ».

Source : France 3 Grand Est, [8min10], https://www.youtube.com/watch?v=Cq7aZxjUCxo

b. Benjamin Mouton, ex-architecte en chef de la Cathédrale de 2000 à 2013 :

« L’incendie n’a pas pu partir d’un court-circuit, d’un simple incident ponctuel. Il faut une vraie charge calorifique au départ pour lancer un tel sinistre. Le chêne est un bois particulièrement résistant ».

Source : https://www.batiactu.com/edito/notre-dame-apres-incendie-rien-n-est-fini-selon-ex-56147.php

c. Anthony et Didier Dupuy avaient travaillé au sommet de Notre-Dame en 2013. Ces grands connaisseurs de la cathédrale ont du mal à comprendre l’incendie.

Le Parisien : Quelle pourrait être selon vous l’origine du feu ?
A.D. : « Les sections de chêne sont énormes et il faut vraiment une source d’énergie hors norme pour les embraser. L’enquête dira ce qu’il en est. C’est vraiment surprenant ».
D.D. : « Le bois des charpentes était dur comme de la pierre, vieux de plusieurs siècles. La poussière sur la peau des poutres a pu s’enflammer. Mais je n’arrive pas à m’expliquer comment des morceaux de 60 cm de large ont brûlé aussi vite ».

Source : http://www.leparisien.fr/societe/ces-artisans-avaient-fixe-un-paratonnerre-sur-la-fleche-de-notre-dame-22-04-2019-8057886.php


6. Pourquoi la thèse accidentelle a-t-elle été avancée aussi rapidement, avant même de commencer la moindre analyse des décombres ?

En effet, le parquet ouvre une enquête pour « destruction involontaire par incendie » dès lundi soir, avant 21h ! (vu que la dépêche de BFMTV date de 21h01…)

Source : https://www.bfmtv.com/police-justice/incendie-a-notre-dame-le-parquet-de-paris-ouvre-une-enquete-1673846.html

On ne peut être que stupéfait qu’une enquête démarre presque immédiatement en postulant l’hypothèse accidentelle. On imagine sans problème toutes les réactions que l’on aurait entendues si cela avait été une ouverture aussi rapide envers la thèse criminelle !

Mais là, non, ça ne pose pas de problème à l’ensemble ou presque de nos médias…

Bref, par ce genre de comportement et avec les faits précédemment décrits, on comprend mieux que l’on peut légitimement douter de la thèse accidentelle.
A moins qu’ils expliquent dans les moindres détails et avec une extrême rigueur chacun des points qui posent ici problèmes.
Nous attendons la suite…

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